
Ouverture du printemps
bonheur et insouciance
prêtés aux oiseaux
gagnants d'une loterie
dont la roue nous trompe
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Ouverture du printemps
bonheur et insouciance
prêtés aux oiseaux
gagnants d'une loterie
dont la roue nous trompe

Tandis qu'il roulait ces pensées dans son esprit, le bruit de la nouvelle se répandit. Collègues de bureau et amis se relayaient pour venir le féliciter et attirer sur lui la bénédiction divine. Seyyed Nasrollah prenait un air satisfait, fermait les yeux et secouait la tête avec fatalisme, disant : "que faire ? On est au service de la patrie !"
Sadegh HEDAYAT (Trad. Ch. Balaÿ), Le patriote, in L'homme qui tua son désir, Phébus, 1998.

Atteindre l'âge
du prestige
de ne plus être compris
l'ivoire fait des défenses
sur les cheveux des sages

Épitaphe
Je n’ai pas eu l’envie d’abattre des soleils vivants
Ou d’arracher des étincelles aux planètes mortes
Mais j’ai tenté d’incendier la brume sombre
Le raisin de la rêverie des hommes de mon temps.
Nicolas LABIS (adaptation Charles Dobzynski), Action Poétique n° 24, juin 1964.

La porte
Va et ouvre la porte.
Dehors il y a peut-être
un arbre ou une forêt,
ou un jardin,
ou une ville magique.
Va et ouvre la porte.
Il y a peut-être un chien qui gratte,
il y a peut-être un visage,
ou un œil,
ou l’image d’une image.
Va et ouvre la porte
S’il y a de la brume,
elle se dissipera.
Va et ouvre la porte
Et s’il n’y avait que le tic-tac des tenèbres,
et s’il n’y avait qu’un souffle creux
Même s’il n’y avait rien.
Va et ouvre la porte
Il y aura au moins un courant d’air.
Miroslav HOLUB (traduit du tchèque par François Kerel), Action Poétique n° 24, juin 1964.

Couplets
droit sortis de leurs alvéoles
en armées crochues d'uniformes couleurs
les foules s'hypnotisent de ce Reich
pacifique
qui sape les ruines
pour relever des palais
fait remonter les sables
aux vitraux
aux miroirs brisés

...
Tes seins ont poussé,
et ta sagesse,
et tes cheveux.
Sache-le désormais :
Ce n'est pas avec la grandeur du passé qu'on fabrique des lendemains.
Ce n'est pas la mélancolie qui t'amènera à ton essence.
Lyonel TROUILLOT, Le doux parfum des temps à venir, Actes Sud, 2013.

Nées de la grand-nuit d'avant nous
dans cette terre-ci
ou celle-là pourquoi pas
nos racines ne valent
que pour l'élan qu'elles nous donnent