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Une maison, ça naît du rien de la terre
Du rien du ciel et des étoiles
Du rien des arbres
Une maison, un jour, ça sera tout
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Emmanuel MOSES, Sombre comme le temps, Gallimard, 2014
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Une maison, ça naît du rien de la terre
Du rien du ciel et des étoiles
Du rien des arbres
Une maison, un jour, ça sera tout
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Emmanuel MOSES, Sombre comme le temps, Gallimard, 2014
mais nous
ne faisons que suivre
des traces
nous-mêmes ne sommes
que des traces
de la vie
c'est pourquoi il nous faut tant
nous tenir pour ne pas nous perdre
tant entendre ce qu'on dit
sans savoir
tant voir ce qu'on
cotoie sans le voir et moins
on reconnaît l'invisible
plus on devient invisible
Henri MESCHONNIC, Je n'ai pas tout entendu, Dumerchez, 2000.

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Était-il paysan ? Chasseur ? Poète ?
Il observait ces traces d'un monde inatteignable
Et semblait absorbé par une pensée qui l'assombrissait
S'il était paysan, il devait songer à sa moisson gâtée
S'il était chasseur, à son gibier manqué
Et s'il était poète, à des mots cherchés vainement
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Emmanuel MOSES, Sombre comme le temps, Gallimard, 2014
La Chanson d'Hélène
La chanson a la forme d'une ronde, elle tourne toujours
roule au brouhaha des villes, dans le silence d'un champ,
un dessin d'enfant, et sa couleur entre dans la maison
Une voix y grave son contrepoint
celle d'un adulte aux empreintes de tabac
et même d'un mâle
aux prises avec les femmes, aux activités de carnassier
mais entravé, au pic de sa vie, redoutant des pentes sans soleil
Ses joues, ses paupières s'assombrissent
bien vite les volets se fermeront
La ronde tourne encore, on croit tenir une main
nous marchons dans un jardin
sa saison
est toute en nous
les oiseaux savent
qu'ils ne doivent pas redire
nos paroles
nous sommes de la même substance
cette substance
fait notre histoire
Henri MESCHONNIC, Je n'ai pas toit entendu, Dumerchez, 2000.
Body and soul
Clapotis d'abord, balancement, puis tumulte
aux confins de la suffocation,
un nageur, un naufragé peut-être.
Il souffle dans son saxophone, autant que le contraire
L'air expiré lui revient, l'éloigne de sombrer
à la surface il pourra durer
Haletant
souffleur inspiré d'un verre à jamais miraculé
au bord de la brisure corps et âme
En cette marée la nuit vaut le jour
la phrase sans cesse s'augmente
mais le jour n'éteint la nuit
ni l'onde noire ce cuivre flotté
tant qu'aux poumons reste un peu d'air
à expulser en morceaux de bravoure
Chanson, renonce au refrain, mêmes eaux où ne pas nager
sonne la sortie du labyrinthe
Bullitt
Sur la tête du flic
les cymbales rappellent Damoclès
C'est qu'un sénateur mène grand train
pour le mettre au pas
Le soleil répand ses cuivres
sourdine et piston règnent en coulisse
Puis l'ambiance flûtée de ces années l'emporte
En souplesse et sur fond de Pacifique
la mustang s'affranchira de tout ce goudron