Un son
Il a traversé tous les murs
Et les murs l'ont laissé passer
Je ne vois pas par où
Il veut me traverser moi-même
Et le voici qui ressort
Poème
(Pierre ALBERT-BIROT, Poèmes Quotidiens)
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Un son
Il a traversé tous les murs
Et les murs l'ont laissé passer
Je ne vois pas par où
Il veut me traverser moi-même
Et le voici qui ressort
Poème
(Pierre ALBERT-BIROT, Poèmes Quotidiens)
« J'écris le poème de jour mais il se fait de nuit. C'est hors du travail de la conscience que se font les véritables rencontres, découvertes et incendies de mot. »
Dans « L'Ecriture et la Circonstance », Henry BAUCHAU nous rappelle que l'artiste oeuvre comme s'alimente le pélican: ce qui n'est pas immédiatement utile sera essentiel plus tard.
Et l'oeuvre est un vieux brouillon, qui prend forme dans un incendie de poubelle.
Dans son numéro 83-84, la revue PLEIN CHANT publie ce texte, de Fabrice MARZUOLO:
MAUVAIS NUMERO
Les pas des hommes sûrs
font trembler le sol
quand je les entends venir
je jongle avec des balles
qui roulent tout le temps par terre
mal parti
pour la vie d'acrobate
et comment tenir
un poème debout
"Le lézard, le serpent, le cristal, le galet, le filet d’eau qui coule de la roche sont de si éclatantes réussites que rien ne les pourrait améliorer. Ainsi doit être le poème (quand on considère qu’il est sorti de la période de travail, et que l’on a décidé de le montrer et possiblement de le publier)".
André-Pieyre de Mandiargues, par ce raccourci, offre l'avantage d'étouffer toute idée d'inspiration en poésie.
C'est le travail, et la volonté d'un artiste, qui mettent au jour le poème, pour lui donner sa perfection d'eau de roche.
... ou de serpent.
Le poème souvent déroute, en ce qu'il met en jeu du langage non utilitaire.
Ce n'est pas un roman qui raconte, un mode d'emploi qui sert, une information qui renseigne, une publicité qui vend.
C'est un texte qui ne dit ni qui est l'assassin, ni comment insérer le sac dans l'aspirateur, ni comment va le monde, ni
comment nos cheveux repousseront!
Il dit tout-court.
Il dit sans-rien-ajouter-derrière.
Et c'est ainsi que s'effraie le lecteur.
d'un poème comment
tomber dans la vie
le mot tombe finira
par ne plus être un verbe
(Marcel MIGOZZI in Les Derniers Témoins)
« Le poème, comme le tableau, est le lieu miraculeux où se rencontrent comme par nécessité des éléments arrachés pour l’éternité à la contingence de leur trajectoire » et que « partant du détail, de l’anecdotique, la poésie de Jean Follain ne vise rien moins que la totalité. » (Jean-Yves DEBREUILLE).
Ce commentaire vaut sans doute pour d'autres, mais est particulièrement pertinent pour la poésie de FOLLAIN, parfumée à l'encaustique, et sursautant aux craquements des armoires.