
La vie n'existe pas davantage que le temps. La survie est la seule réalité de ce monde.
Dominique ROLIN, L'infini chez soi, Denoël, 1980.
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La vie n'existe pas davantage que le temps. La survie est la seule réalité de ce monde.
Dominique ROLIN, L'infini chez soi, Denoël, 1980.

Par le poème, l'homme manifeste son accord avec l'être, et la rime et le rythme sont les moyens les plus brutaux de cet accord. Et la révolution qui vient de triompher n'a-t-elle pas besoin d'une affirmation brutale de l'ordre nouveau et, partant, d'une poésie pleine de rimes ?
Milan KUNDERA, La vie est ailleurs, trad. Fr.Kérel, Gallimard, 1973

Chaque angle nouveau multiplie le monde par lui-même.
Germaine KRULL, Études de nu, Calavas, 1930

Hécaton et Apollonius de Tyr, dans le premier livre "Sur Zénon", racontent qu'il demanda à l'oracle à quoi il était préférable qu'il occupât sa vie, et que le dieu lui répondit : "en devenant de la couleurs des morts" ; il comprit et lut les auteurs anciens.
Diogène Laërce, in Les stoïciens, Tel - Gallimard, 1962.

Les escarmouches avec les théologiens avaient eu leur charme, mais il savait fort bien qu'il n'existe aucun accomodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui, et ceux qui croient ou affirment croire, et obligent sous peine de mort leurs semblables à en faire autant.
Marguerite YOURCENAR, L'œuvre au noir, Gallimard, 1968.

Je n'ai jamais éprouvé le plaisir intellectuel que sur le plan analogique. Pour moi la seule évidence au monde est commandée par le rapport spontané, extra-lucide, insolent qui s'établit, dans certaines conditions, entre telle chose et telle autre, que le sens commun retiendrait de confronter.
André BRETON, Signe ascendant, Gallimard, 1949

Au pied de la lettre meurt toujours l'esprit crucifié.
José BERGAMÍN, cité par Jean-Baptiste PARA, préface à Odes dérisoires, Poésie-Gallimard, 2015

Texte de plaisir : celui qui contente, emplit, donne de l'euphorie ; celui qui vient de la culture, ne rompt pas avec elle, est lié à une pratique confortable de la lecture. Texte de jouissance : celui qui met en état de perte, celui qui déconforte (peut-être jusqu'à un certain ennui), fait vaciller les assises historiques, culturelles, psychologiques, du lecteur, la consistance de ses goûts, de ses valeurs et de ses souvenirs, met en crise son rapport au langage.
Roland BARTHES, Le plaisir du texte, Seuil, 1973