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Sur du vent

  • Francis PONGE TRAVAILLE son SUJET

    oeil,éléphant,

     

    Au reste, en aurais-je le temps, il me semble que je n'aurais plus le goût de travailler beaucoup et à plusieurs reprises sur le même sujet. Ce qui m'importe, c'est de saisir presque chaque soir un nouvel objet, d'en tirer à la fois une jouissance et une leçon ; je m'y instruis et m'en amuse, enfin : à ma façon.

     

    Francis PONGE, Proêmes, Gallimard, 1948

     

     

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  • Francis PONGE S'EXPRIME

    tatin,exprimer,avoir,

     

    "Il faut d'abord se décider en faveur de son propre esprit et de son propre goût. Il faut ensuite prendre le temps, et le courage, d'exprimer toute sa pensée à propos du sujet choisi (et ne pas seulement retenir les expressions qui vous paraissent brillantes ou caractéristiques). Il faut enfin tout dire simplement, en se fixant pour but non les charmes, mais la conviction."

     

    Francis PONGE, Proêmes, Gallimard, 1948

     

     

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  • Francis PONGE parmi les VÉGÉTAUX

    arbre,clocher,loi,

     

     

     

    Un ensemble de lois compliquées à l'extrême, c'est-à-dire le plus parfait hasard, préside à la naissance, et au placement des végétaux sur la surface du globe.

    La loi des indéterminés déterminants.

     

    Francis PONGE, Le parti pris des choses, Gallimard, 1942

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  • La FAUNE selon Francis PONGE

    arbre,flore,sol,

     

    La faune bouge, tandis que la flore se déplie à l'œil. Toute une sorte d'êtres animés st directement assumée par le sol.

    Ils ont au monde leur place assurée, ainsi qu'à l'ancienneté leur décoration.

    Différents en ceci de leurs frères vagabonds, ils ne sont pas surajoutés au monde, importuns au sol. Ils n'errent pas à la recherche d'un endroit pour leur mort, si la terre comme des autres absorbe soigneusement leurs restes.

    Chez eux, pas de soucis alimentaires ou domiciliaires, pas d'entre-dévoration : pas de terreurs, de courses folles, de cruautés, de plaintes, de cris, de paroles. Ils ne sont pas les corps seconds de l'agitation, de la fièvre et du meurtre.

     

    Francis PONGE, Le parti pris des choses, Gallimard, 1942

     

     

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  • Le RÉEL selon Édouard GLISSANT

    méandres,pli,

     

    Le réel est un corps de méandres et la vie cogne en chaque recoin. Réel et vie constituent un repli. Les considérer ensemble revient à bâtir une rhétorique, par un lent travail de dépli qui vise à éclairer plus qu'à convaincre, à se persuader soi-même plutôt qu'à confondre le lecteur, confident muet, sous un trop-plein de raisons.

     

    Édouard GLISSANT, Traité du Tout-monde, Gallimard, 1997

     

     

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  • Édouard GLISSANT et l'AUTRE RAISON

    funambule,danseuse,céramique,

     

    Tu es l'autre raison, qui chemine au-dedans, où les boues

    sont rouges de nos cris et la graisse sur les cheveux cille

    Tu es le goût caché que nous donnons à nos mots

    Dans la nuit quand la paille bouge le bambou craque

    Tu es renoncement, à tout levant ô renoncée

    Nous te repoussons dans l'étroit de nos tempes tu es

    Océan où brassés de fer nous posons

    L'algue fragile de nos souffles

     

    Édouard GLISSANT, Pays rêvé, pays réel, Gallimard, 1985

     

     

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  • Les MOTS autour d'Édouard GLISSANT

    cercle,ellipse,céramique,

     

    Les mots ont pris de la distance, d'avec les arcanes de l'impérieux récit et d'avec l'ampleur tout en failles du poème. Ils ont abdiqué l'assurance étroite de la langue. C'est comme si, donnés ou tombés de tout cet entrechoc d'alentour, ils se dérobaient à notre vouloir dire.

    Ils ne font plus planètes et galaxies, enrobées chacune autour de son soleil ou de son mouvement. Ils dispersent dans l'infini, avant que ce mouvement explose, que ce soleil devienne étoile géante morte, naine brûlée.

     

    Édouard GLISSANT, Traité du Tout-monde, Gallimard, 1997

     

     

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  • Édouard GLISSANT FACE au POÈME

    balise,phare,

     

    Ainsi le poème forme-t-il trame entre la densité du lieu et la multiplicité du divers, entre ce qui se dit ici et ce qui s'entend là-bas. C'est là une des joutes de l'approche littéraire : d'avoir à consulter l'imprévisible et le non-donné du monde, à même la fragile mais persistante matière de notre présent, de notre entour.

     

    Édouard GLISSANT, Traité du Tout-monde, Gallimard, 1997

     

     

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