
Dans les manifestations auto-destructives, l'art choisit la dépense, le luxe d'une vie extrême et qui ne calcule pas les conséquences d ses actes, un certain état orgiaque. Il cherche à éviter d'être rangé à une place précise par la société. Il veut (sans toujours y parvenir) échapper aux livres de comptes et aux archives, aux échanges monnayés et aux bénéfices, à cette "mesquinerie universelle" que, selon Georges Bataille, développe la société bourgeoise. Sans nihilisme, l'art brouille ainsi les cartes entre recettes et dépenses, ordre et chaos, vie et mort. Il ne cache pas la destruction dans les tombeaux ; il la transforme en un élément de la fête.
Gilbert LASCAULT, Écrits timides sur le visible, UGE, 1979






