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Sur du vent

  • Le RÉEL selon Édouard GLISSANT

    méandres,pli,

     

    Le réel est un corps de méandres et la vie cogne en chaque recoin. Réel et vie constituent un repli. Les considérer ensemble revient à bâtir une rhétorique, par un lent travail de dépli qui vise à éclairer plus qu'à convaincre, à se persuader soi-même plutôt qu'à confondre le lecteur, confident muet, sous un trop-plein de raisons.

     

    Édouard GLISSANT, Traité du Tout-monde, Gallimard, 1997

     

     

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  • Édouard GLISSANT et l'AUTRE RAISON

    funambule,danseuse,céramique,

     

    Tu es l'autre raison, qui chemine au-dedans, où les boues

    sont rouges de nos cris et la graisse sur les cheveux cille

    Tu es le goût caché que nous donnons à nos mots

    Dans la nuit quand la paille bouge le bambou craque

    Tu es renoncement, à tout levant ô renoncée

    Nous te repoussons dans l'étroit de nos tempes tu es

    Océan où brassés de fer nous posons

    L'algue fragile de nos souffles

     

    Édouard GLISSANT, Pays rêvé, pays réel, Gallimard, 1985

     

     

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  • Les MOTS autour d'Édouard GLISSANT

    cercle,ellipse,céramique,

     

    Les mots ont pris de la distance, d'avec les arcanes de l'impérieux récit et d'avec l'ampleur tout en failles du poème. Ils ont abdiqué l'assurance étroite de la langue. C'est comme si, donnés ou tombés de tout cet entrechoc d'alentour, ils se dérobaient à notre vouloir dire.

    Ils ne font plus planètes et galaxies, enrobées chacune autour de son soleil ou de son mouvement. Ils dispersent dans l'infini, avant que ce mouvement explose, que ce soleil devienne étoile géante morte, naine brûlée.

     

    Édouard GLISSANT, Traité du Tout-monde, Gallimard, 1997

     

     

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  • Édouard GLISSANT FACE au POÈME

    balise,phare,

     

    Ainsi le poème forme-t-il trame entre la densité du lieu et la multiplicité du divers, entre ce qui se dit ici et ce qui s'entend là-bas. C'est là une des joutes de l'approche littéraire : d'avoir à consulter l'imprévisible et le non-donné du monde, à même la fragile mais persistante matière de notre présent, de notre entour.

     

    Édouard GLISSANT, Traité du Tout-monde, Gallimard, 1997

     

     

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  • Jean-Paul MICHEL dans un NOUVEAU MONDE

    phare,fenêtre,registre,

     

    De la poésie, des arts, de la pensée, je n'ai jamais attendu moins que ceci : un monde nouveau - moins mensonger, plus éclatant, plus digne. Non pas quelque "ailleurs" seulement imaginé, mais le rapport vivant le moins illusoire à ce qu'il en est de ce qui est. - Toujours ces puissance ont eu pour moi, dans des œuvres, les prestiges de l'action la plus durable, la poins soumise à la simple reconduction de l'état des choses, la mieux capable de résister à l'entropie, à la décomposition, à la mort.

     

    Jean-Paul MICHEL, in Habiter poétiquement le monde, Poesis, 2020

     

     

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  • Philippe JACCOTTET : POÉSIE sans LIMITES



    arbre,poésie,lecture,

     

     

    Il se peut que la beauté naisse quand la limite et l'illimité deviennent visibles en même temps, c'est-à-dire quand on voit des formes tout en devinant qu'elles de disent pas tout, qu'elles ne sont pas réduites à elles-mêmes, qu'elles laissent à l'insaisissable sa part. Il n'y a pas de beauté, du moins pour nos yeux, dans l'insaisissable seul, et il n'y en a pas dans les formes sans profondeur, compètement avouées, déployées. Mais les combinaisons de la limite et de l'illimité sont en nombre infni, d'où la variété de l'art.

     

    Philippe JACCOTTET, in Habiter poétiquement le monde, Poesis, 2020

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  • Jacques SOJCHER et POÉSIE

    carrelage,pavé,

     

    La poésie recherche une communication vide. Elle met en œuvre une autre parole, une autre pensée qui ouvrent sur l'inconnu. Elle ne déduit ni ne clarifie, elle n'est pas l'espace rassurant, familier, ne mène pas à la justification, à une sagesse-sérénité. Ni métaphysique, ni religieuse, elle voue au non-sens, à la destruction des bonnes raisons. En elle s'affrontent les contradictions et se déchirent les extrêmes, se livre un combat qui force les mots à avouer leurs limites, leur part de convention et d'usure. Et pourtant, dans ce non-lieu où tout s'anéantit, s'apprêtent, comme pour une fête, un regard sauvage, attentif aux formes "naissantes", une langue originelle, une présence et un ordre (...)

     

    Jacques SOJCHER, in Habiter poétiquement le monde, Poesis, 2020

     

     

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  • La POÉSIE selon Andrée CHEDID

    ville,ruelles,dessin,

     

    Quand on a pris goût à l'espace sans dimension de la poésie, on n'accepte que par à-coups - parfois aussi par égard pour les autres - le quotidien et les ruelles exactes.

     

    Andrée CHEDID, in Habiter poétiquement le monde, Poesis, 2020

     

     

     

     

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