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  • NEIGE

    branche,neige,

     

    Ange déjà, un Fuji-Yama veillait sur ce repas et, la neige survenue, les baguettes frétillaient
    comme une conversation hors de prise de l'hiver et toutes ses menaces de glace
    C'est le propre de la neige de se masquer de miracle, malgré l'annonce faite au calendrier
    alors que, froid, le repas invite à l'indigence et même au deuil
    Funambule, chacun croit l'être, foulant l'insouciance de la neige
    et la conversation peut dérouler son fil, sans redouter le blanc
    d'une neige à saveur de cendre, qui tirerait vers la terre un repas abondant de zénith
    Elle peut à la fois napper de ses courbes le fer des consonnes et dévêtir midi de son miracle
    et maintenant, tout oxyde pelé, la chair de la pomme fait entendre la neige en ses couplets
    la conversation devient le repas, comme on mangerait d'un arbre élevé au milieu du silence
    fût unique et suffisant pour ce funambule les bras en cercle et aux semelles de neige
    dans un halo de lumière bleue, d'outrepasser le sans couleur de murs sans distance

     

     

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  • La LASSITUDE selon Jacques ABEILLE

    ardoise,

     

     

    Ébène bénin

     

    Dévoré par les marnes

    dévoyé par les mornes

    veilleur attentif sous les fougères arborescentes

    il scrute encore sa mémoire évidée

    où se love le serpent du soleil

    les glaires de la ville s'épanchent à ses pieds

    la soldatesque ivre

    les paillotes consumées

    il titube aveugle dans son sang

    à nuit close

    sous l'oxyde des voix

    bat

    l'éternel tambour de la lassitude

     

    Jacques ABEILLE, Petites proses plus ou moins brisées, Arfuyen, 2015

     

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  • MOUCHE

    jardin,feuillage,

     

    mouche

    sur mon bras

     

    pas là

    puis là

     

    et plus là

     

    entre chaque

    rien

     

     

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  • Claude ESTEBAN DERRIÈRE la PORTE

    porte,cathédrale,

     

    Et derrière la porte, il y avait

    le rien ou plutôt

    la matière du rien, une épaisseur

    qui noyait tout et quand je franchissais

    le seuil, c'était le rien qui

    m'accueillait et j'aimais cette chute en moi

    dans un indéfini

    plus doux, plus vague où avoir mal

    ne signifiait que d'être

    là debout, près de la porte, sans savoir.

     

    Claude ESTEBAN, Le jour à peine écrit, Gallimard, 2006

     

     

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  • MASQUE

    marqueyssac,sourire,sculpture,visage,,

     

    sourire

    vers le dedans

     

    du visage

    de la terre

     

    du masque

    mortuaire

     

     

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  • La NEIGE selon Gaspard HONS

    neige,pierre,

     

    Neige, le bleu du pauvre, le blé du pauvre. Moitié brasier, moitié langue fatiguée, telle une éternité de blancheur, tel un ravissement

     

    et un jardin paisible, le froid que je porterai jusqu'au fruit de l'abeille,

     

    dons d'un gel obscur

     

    Gaspard HONS, Les abeilles de personne, Le Taillis Pré, 2008

     

     

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  • VENTS

    rose,tonnelle,vent,

     

    les vents

     

    pensés

    par multiples de quatre

     

    en pétales de rose

    avant éparpillement

     

     

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  • René CHAR et le CHAGRIN

    eau,cascade,rivière,

     

    Je voudrais que mon chagrin si vieux soit comme le gravier dans la rivière : tout au fond. Mes courants n'en auraient pas souci.

     

    René CHAR, Le nu perdu, Gallimard, 1978

     

     

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