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néant

  • Le MOI selon Nissim EZECHIEL

    main,pochoir,

     

    Hommage aux Upanishads

     

    Sentir qu'on est Quelqu'un

    Equivaut à conduire

    Son propre corbillard en quelque sorte -

    La destination est claire.

    Je ne veux pas être

    la peau du fruit

    Ni la chair

    Ni même la graine,

    Qui ne ferait que devenir un autre

    Fruit bien portant

    Le secret celé à l'intérieur de la graine

    Devient mon besoin, et ainsi,

    Je me réduis au néant

    A l'intérieur de la graine.

    Au début il fait froid,

    Je frissonne,

    Plus tard arrive une touche de vérité,

    Un ferment dans les ténèbres,

    Et enfin une lumière qui agace.

    Pour l'heure c'est assez

    Que je sois libre

    D'être le Moi en qui je suis,

    Qui n'est pas Quelqu'un -

    Pas, en tout cas,

    L'ego mortel,

    Mais l'oeil de l'oeil

    Qui s'efforce de voir.

     

    Nissim EZECHIEL, L'homme inachevé, trad. Emmanuel Moses, Buchet Chastel, 2007

     

     

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  • LORSQU'ACHILLE CHAVÉE SERA MORT

    panneau,chevaux,

     

    Facture

     

    Qu'il fera bon vivre lorsque nous serons morts

    que nous reposerons

    dans je ne sais quel trou du vieux Cosmos

    bien refroidi

    bien étendu

    dans la noire volonté de n'être plus

    avec la pierre du silence absolu

    posée sur notre langue

    qu'il ne faudra plus jamais retourner

    sept fois dans notre bouche

    pour dire ou ne pas dire la vérité acquise

     

    puisque la notion de vérité

    n'emportera plus de signification

    que tous les dieux auront cessé d'être le verbe

    que l'épine plantée jadis dans notre coeur

    n'entraînera plus le moindre cri

    capable de troubler encore

    la présence du néant

     

    Achille CHAVÉE, De vie et mort naturelle, Montbliard, 1960

     

     

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  • André FRÉNAUD : un ZÉRO PUR

     

     

    Pour ce Mardi-Gras, portons un masque.

    Mortuaire.

     

    Épitaphe

     

    Quand je remettrai mon ardoise au néant

    un de ces prochains jours,

    il ne me ricanera pas à la gueule.

    Mes chiffres ne sont pas faux,

    ils font un zéro pur.

    Viens mon fils, dira-t-il de ses dents froides,

    dans le sein dont tu es digne.

    Je m'étendrai dans sa douceur.

     

    André FRÉNAUD, Les Rois mages, 1938.

     

     

     

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  • Anise KOLTZ et le ZÉRO

     

     

    Refermé sur lui-même
    le zéro est infini
    Néant sans tache
    sans couleur
    secret et invisible
    comme un organe génital

    le zéro existe

    et fait exister

     

    Anise Koltz, Béni soit le serpent, éditions Phi, 2004.

     

    Et courage ! Parce qu'il y a le zéro, bientôt il y aura + 5 et même + 10 degrés Celsius !

     


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