mercredi, 31 octobre 2007

RAPONS les RIMES!

Les textes des rappeurs français laissent une impression générale de grandiloquence, et parfois jusqu'à l'enflure. Il semble que cela provienne de leur mauvaise habitude de recourir en permanence à l'allitération et à la rime. Cette ressource quasi-obsessionnelle présente en effet l'inconvénient de restreindre à l'excès le vocabulaire utilisé, au point de faire sauter les barrières des registres du langage. Lorsque, par souci de la rime ou de la répétition des sons, vous ne pouvez plus désigner un objet que par un mot, vous perdez votre liberté créatrice, et vous prenez le risque de quitter le bon niveau de langage. C'est ainsi qu'on bascule souvent dans ces textes, à l'intérieur d'une même phrase, du registre de la langue orale vers celui de la tragédie classique ou du romantisme, jusqu'à provoquer un raz-de-marée de mots par trop disparates.

samedi, 13 mai 2006

Le flûteau

 

Le petit joueur de flûteau

Menait la musique au château.

Pour la grâce de ses chansons

Le roi lui offrit un blason.


Et comme à son habitude, l'ami Georges BRASSENS, après avoir posé en un simple quatrain le décor de sa chanson, déroule tout le chapelet des possibles en découlant.

Cette construction, coutumière, donne une chanson pleine d'élégance, illustrant la moralité sans faille du "brave petit musicien".


Les couples d'opposés (musicien/roi, flûteau/blason) sont particulièrement bien trouvés, et placent la scène dans le champ du conte, la dégageant de toute la gravité qui serait de mauvais aloi s'agissant d'un saltimbanque.