
La poésie recherche une communication vide. Elle met en œuvre une autre parole, une autre pensée qui ouvrent sur l'inconnu. Elle ne déduit ni ne clarifie, elle n'est pas l'espace rassurant, familier, ne mène pas à la justification, à une sagesse-sérénité. Ni métaphysique, ni religieuse, elle voue au non-sens, à la destruction des bonnes raisons. En elle s'affrontent les contradictions et se déchirent les extrêmes, se livre un combat qui force les mots à avouer leurs limites, leur part de convention et d'usure. Et pourtant, dans ce non-lieu où tout s'anéantit, s'apprêtent, comme pour une fête, un regard sauvage, attentif aux formes "naissantes", une langue originelle, une présence et un ordre (...)
Jacques SOJCHER, in Habiter poétiquement le monde, Poesis, 2020
Commentaires
Alors comme ça, par exemple, "Les Fleurs du mal" recherchaient une "communication vide", ouvraient sur "l'inconnu" ? Et c'est ce que le Procureur Pinard reprochait à Baudelaire ? Balivernes...
Vide en tant que communication, pas en tant que poésie... et pour notre Pinard, la coupe était pleine.